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Nous rappelons que nous avons manifesté le 17 mars pour la défense du pouvoir d’achat de la grande majorité des familles dont les revenus modestes ne permettront pas d’absorber la hausse des prix provoquée par cette TVA non déductible et qui devront se serrer toujours plus la ceinture pour tenter de subvenir à leurs besoins. Les îles où les prix sont anormalement supérieurs à ceux de Tahiti seront encore plus impactées. Jusqu’où ira le Gouvernement qui ne semble pas comprendre le drame qui se joue dans de très nombreuses familles ?

L’intersyndicale dénonce les décisions du Gouvernement et de l’Assemblée de la Polynésie et les agissements du ministre en charge de la PSG. Après les insultes de certains syndicalistes plus soucieux de préserver leur intérêt que les intérêts de la population aux revenus modestes, le ministre en charge de la PSG a pris le relais depuis le vendredi 18 mars.

Aux élus de l’APF il ment, il salit l’intersyndicale la comparant à un regroupement de « riches » aux salaires de 500 000 xpf mensuels qui refusent de contribuer à la solidarité et veulent même faire payer les plus pauvres.

Son objectif est de faire passer coûte que coûte son projet et quel qu’en soit le prix pour le petit peuple. Rien ne l’arrête, quitte à tuer l’adversaire.

Il protège les riches des professions libérales, les gros prestataires de services et les gros commerçants qui contribuent beaucoup moins que les salariés à la solidarité avec des taux de CST ridiculement bas sur les mêmes taux que les petits prestataires, commerçants et patentés. Nous n’avons jamais refusé de payer, nous avons demandé la transparence et l’équité devant l’impôt.

Le ministre ne communique toujours pas le détail du besoin de financement de la solidarité ou de la PSG qu’il évaluait à 14 milliards depuis 8 jours et qui est descendu à 9 milliards à l’Assemblée mardi sans explication. Notre ministre jongle avec les milliards et s’apprête à ponctionner une population qui compte ses sous au franc près pour finir les fins de mois. Il est vrai qu’il ne vit pas dans le même monde et que son niveau de vie ne sera pas impacté par sa TVA sociale.

La presse annonce la répartition de ces 9 milliards : 2 mds pour la solidarité, 7 milliards pour le RGS afin de couvrir le besoin de trésorerie y compris de la retraite des salariés. Pourtant, la retraite n’a pas vocation à être financée par cette taxe. L’impôt payé par tous ne doit pas financer la retraite des salariés On le voit, ces évaluations à géométrie variable ne reposent sur aucune base solide dans aucune transparence.

La CPS en février nous déclarait avoir la trésorerie pour le versement des prestations du Régime des salariés en 2022. Elle ne l’aurait plus aujourd’hui. Le RSPF serait en difficulté en mars malgré le budget voté de 26 milliards en aide sociale.

Nous ajoutons que visiblement le ministre en charge de la PSG estime que le CA de la CPS est une chambre d’enregistrement de ses décisions. Nous avons entendu lundi 21 mars que le ministre avait déjà prévu toute la réforme de la PSG jusque 2025 sans aucun échange avec les partenaires sociaux ou le CA de la CPS.

Est-ce que nous nous dirigeons tout droit vers une gestion autoritaire et dictatoriale du bien commun des Polynésiens financé principalement par eux à travers les cotisations sur le travail et l’impôt ?

La baisse de 1,5 à 1% du taux de la contribution à la solidarité ne modifie pas fondamentalement la mécanique de l’inflation provoquée. Au lieu de 6% ce serait 4% d’inflation intérieure qui s’ajouterait à l’inflation importée estimée elle entre 6 et 10% sur l’année avec un total supérieur à 10% à la fin de l’année 2022.

Son seul avantage est d’élargir l’assiette des contributions à la protection sociale mais ce prélèvement va s’opérer principalement sur les petits revenus et, à moins de recréer le trou, ce n’est pas demain que les cotisations sur le travail baisseront pour rendre du pouvoir d’achat aux salariés.

Le plan dit « Marshall » de blocage des prix est une rustine qui ne peut s’inscrire dans la durée. Bloquer les prix, les encadrer ou financer des fonds de régulation atteindront rapidement leurs limites faute de moyens. Les finances de la Polynésie sont au plus bas depuis la crise du covid. C’est un plan « Marshall » de l’investissement qui est nécessaire pour relancer l’activité économique fortement compromise aujourd’hui dans le contexte de l’inflation importée par la crise et dont les effets se prolongeront bien au-delà de 2022.

Dans ce contexte, il est compliqué de résoudre la quadrature du cercle du financement de la solidarité face à cette poussée fortement inflationniste défavorable à l’activité économique et à l’emploi. C’est pourquoi nous avions espéré que le Président avait compris notre démarche consistant à boucher le trou dans l’urgence après une évaluation partagée du besoin de financement pour assurer le versement des prestations en 2022. Il n’en a rien été. Les décisions étaient prises depuis vendredi 18 mars. Nous n’entendons d’ailleurs plus parler des assises de la santé qui devaient se tenir le 22 mars et qui devaient déboucher sur des économies indispensables à réaliser dans ce secteur.

Nous pensions que le Président avait répondu aux attentes de l’intersyndicale en annonçant qu’il proposerait au CM et à son comité de majorité de surseoir à l’entrée en vigueur de cette TVA non déductible. Des travaux allaient commencer dès mardi 29 mars pour identifier très rapidement les solutions au financement de la solidarité les moins douloureuses pour la population et les plus aptes à répondre à la situation d’urgence 2022 de la protection sociale universelle.

L’intersyndicale demande le respect, le respect de son positionnement, de ses analyses partagées par des universitaires de Polynésie, le respect de ses responsables. L’insulte n’est jamais la bonne méthode. Nous n’acceptons pas d’être maltraités par un ministre qui doit encore faire toutes ses preuves dans un domaine nouveau pour lui : l’économie.

Le gouvernement a choisi, c’est son rôle. Il en assumera les conséquences. L’assemblée a voté. Elle assumera également les conséquences de ses choix devant la population. Quant à nous, nous allons rester vigilants sur l’augmentation des prix et sur l’utilisation comme l’efficacité des fonds prélevés. Nous allons trouver les moyens de maintenir la pression en faveur du pouvoir d’achat des petits revenus et sur des décisions qui ne nous paraissent toujours ni transparentes ni justifiées.

Nous ferons nos propositions écrites pour la réunion de mardi prochain avec le Président s’il maintient le rendez-vous sans garantir notre participation si les conditions du dialogue ne sont pas remplies. La messe est dite. On se retrouvera pour faire le bilan dans quelque mois.

                                                                                               Papeete le 23 mars 2022

                                                                                                    L’intersyndicale

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